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# La Réunion autour de 1960 - La Vraie histoire.
- URL: https://www.leblogdedibu.fr/la-reunion-autour-de-1960-la-vraie-histoire/
- Published: 2026-10-22T13:31:10.000Z
- Updated: 2026-10-22T13:31:10.000Z
- Description: L'histoire du Bumidom et des enfants de la Creuse sont à regarder dans le contexte de l'époque et ne pas faire de la France le bouc émissaire d'une pauvreté entretenue par l'élite locale.
- Author: Didier Buffet
- Tags: Culture créole, Histoire, Île de La Réunion, Politique, Sociologie

Économie, migrations et protection de l’enfance

Au début des années 1960, La Réunion connaît une croissance démographique rapide dans une économie encore marquée par la plantation, le sous-emploi et des conditions matérielles difficiles. Les besoins de scolarisation, de logement et de soins augmentent, tandis que les débouchés professionnels restent insuffisants. Dans le même temps, la France hexagonale traverse une période d’expansion économique et recherche des travailleurs. La rencontre de ces deux situations explique la mise en place, en 1963, d’une politique de migration organisée avec le BUMIDOM. Pour les candidats au départ, une formation et un emploi dans l’Hexagone peuvent représenter une perspective concrète d’amélioration de leurs conditions de vie.

À l’époque, la migration organisée apporte une réponse immédiate à deux situations économiques complémentaires : La Réunion compte une population très jeune et des débouchés insuffisants, tandis que l’économie hexagonale recherche des travailleurs. Pour les personnes qui souhaitent partir, le voyage accompagné, la formation et la recherche d’un emploi ouvrent des possibilités concrètes. Les investissements nécessaires au développement de l’île demandent du temps ; le départ permet de rechercher un revenu et une qualification sans attendre que ces transformations produisent tous leurs effets.

La migration professionnelle et la prise en charge des mineurs relèvent toutefois de situations différentes. La mobilité des adultes repose sur des candidatures et sur la recherche d’un emploi ou d’une formation. La prise en charge des enfants relève de la protection de l’enfance, avec des décisions engageant les services sociaux et les familles. Dans les deux cas, les politiques s’inscrivent dans un contexte de pauvreté et de moyens limités. Elles doivent être étudiées avec les catégories et les contraintes de leur époque, sans leur attribuer rétrospectivement des intentions qui ne sont pas établies par les sources.

Une croissance démographique exceptionnellement rapide

Les recensements donnent 274 370 habitants en 1954, 349 282 en 1961 et 416 525 en 1967\. Entre 1954 et 1961, l’augmentation atteint environ 27,3 %, soit près de 75 000 habitants supplémentaires en sept ans. En 1961, 54,3 % des habitants ont moins de vingt ans ; cette proportion monte à 56,4 % en 1967\. Ces données, rassemblées par le démographe Franck Temporal à partir des recensements, décrivent une société particulièrement jeune. Les enfants et les adolescents y constituent une part très importante de la population, ce qui accroît les besoins d’éducation et de préparation à l’emploi. [¹](https://ipc2009.popconf.org/papers/91451?ref=leblogdedibu.fr)

L’indicateur conjoncturel de fécondité atteint 6,39 enfants par femme en 1960 et 6,84 en 1963\. Cet indicateur résume les comportements de fécondité observés au cours d’une année. La forte natalité se combine avec le recul de la mortalité : davantage d’enfants survivent, alors que les naissances restent nombreuses. La Réunion traverse ainsi une phase de transition démographique qui transforme rapidement sa structure par âge. L’arrivée de générations plus nombreuses impose un effort durable de construction scolaire, de formation et de création d’activités. Les besoins immédiats des familles annoncent aussi les demandes d’emploi des années suivantes. [²](https://www.insee.fr/fr/statistiques/3047952?ref=leblogdedibu.fr)

L’état civil recense, pour 1960, 14 856 naissances et 3 892 décès, soit un accroissement naturel de 10 964 personnes avant migrations. À l’échelle d’une population de quelques centaines de milliers d’habitants, l’apport annuel est considérable. Il signifie que les capacités de logement, les services de santé et les équipements scolaires doivent progresser continuellement. Une amélioration des infrastructures peut donc rester insuffisante si elle avance moins vite que les besoins de la population. La mesure des progrès réalisés doit tenir compte de cette croissance, qui modifie chaque année le nombre de personnes à accueillir. [³](https://www.insee.fr/fr/statistiques/8383466?ref=leblogdedibu.fr)

La pression démographique s’exerce suivant plusieurs calendriers. L’enfance mobilise d’abord les ressources familiales, les services sanitaires et l’école. L’adolescence crée ensuite une demande de formation, puis l’entrée dans l’âge adulte augmente la recherche de travail et de logement autonome. Cette succession explique la difficulté d’une réponse uniquement fondée sur les urgences du moment. Les équipements construits pour une génération doivent préparer l’arrivée de la suivante. Pour les responsables publics, les perspectives migratoires s’insèrent dans cette réflexion sur les ressources disponibles et sur la capacité future de l’économie locale à employer sa jeunesse.

Une économie qui ne peut absorber toutes les demandes

La série rétrospective de l’Insee indique environ 87 057 emplois en 1960 et 94 334 en 1967\. L’île crée donc des emplois ; son économie n’est pas immobile. Mais la population augmente plus rapidement que le nombre d’emplois : entre 1961 et 1967, elle progresse d’environ 19 %, tandis que l’emploi augmente d’environ 7 %. Ces évolutions ne constituent pas directement un taux de chômage, puisque tous les habitants ne sont pas actifs. Elles montrent néanmoins pourquoi une augmentation de l’activité économique pouvait coexister avec des difficultés croissantes d’insertion. [⁴](https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128996?ref=leblogdedibu.fr)

La dépendance au cycle agricole compte autant que le nombre de postes. Un travail saisonnier ou intermittent peut procurer des journées rémunérées sans assurer les ressources régulières nécessaires à une famille. Dans une telle organisation, être recensé comme travailleur ne signifie donc pas bénéficier d’une sécurité économique. C’est pourquoi l’histoire de la pauvreté ne peut se réduire à l’opposition entre emploi et absence d’emploi. Il faut aussi considérer la durée travaillée, le salaire obtenu, la stabilité du revenu et les possibilités de changer d’activité.

L’héritage de la société de plantation explique une partie de cette structure sociale. Les travaux de Nicolas Roinsard soulignent la persistance d’inégalités et de rapports de dépendance issus de cette histoire. La pauvreté associe ainsi une dimension démographique à une distribution inégale des ressources et des positions sociales. L’accès au travail, à la propriété et aux possibilités d’ascension sociale s’inscrit dans cet environnement historique. Comprendre la situation des années 1960 suppose de considérer ensemble la croissance de la population et la structure d’une économie longtemps organisée autour de la production agricole d’exportation. [⁵](https://journals.openedition.org/etudesrurales/pdf/10180?ref=leblogdedibu.fr)

Pour une personne disposant de peu de ressources et de qualifications, la différence entre les possibilités locales et les recrutements extérieurs donne au départ une portée très concrète. La formation ou le salaire espéré concerne le revenu du mois suivant, l’indépendance personnelle et les ressources du ménage. Le temps nécessaire à la transformation d’une économie dépasse souvent celui pendant lequel une famille peut attendre une amélioration de sa situation. Cette différence de calendrier explique l’attrait de la mobilité et sa coexistence avec les attentes de développement sur place.

Dans ce contexte, le départ vers l’Hexagone pouvait apparaître comme une réponse pragmatique à une difficulté immédiate. Il ne supprimait pas les problèmes de l’île, mais il offrait à certains habitants une possibilité d’emploi et de formation, tout en répondant aux besoins de main-d’œuvre de la France métropolitaine. Cette complémentarité constitue l’un des éléments essentiels pour comprendre la création du BUMIDOM.

Le chômage et les conditions matérielles de la pauvreté

L’Insee situe la première mesure du chômage sur l’île en 1967 et retient rétrospectivement une estimation de 23 %. Une audition parlementaire de 2015 apporte un éclairage sur les périmètres utilisés : 11 % dans une lecture initiale, environ 23 % en intégrant 16 000 personnes considérées en sous-emploi. Ce repère de 1967 met en évidence la place du travail insuffisant ou intermittent dans les difficultés économiques. La mesure du chômage rencontre ici une organisation du travail dans laquelle l’activité agricole saisonnière et l’irrégularité des journées rémunérées occupent une place importante. [⁴](https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128996?ref=leblogdedibu.fr) [⁶](https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-dom/15-16/c1516006.asp?ref=leblogdedibu.fr)

La pauvreté du début des années 1960 est documentée par les conditions d’habitat, les équipements et la santé. Les sources réunies pour cette étude ne donnent pas un taux de pauvreté monétaire pour 1960 comparable aux indicateurs contemporains. Les données matérielles décrivent néanmoins des privations étendues. Elles permettent d’approcher le quotidien des ménages : disposer d’eau à domicile, s’éclairer, conserver les aliments, accéder aux soins et assurer la scolarité des enfants. Ces dimensions donnent à la pauvreté une réalité qui dépasse la seule mesure du revenu.

Roinsard rapporte qu’en 1954, seuls 13 % des logements disposent de l’électricité et 17 % de l’eau courante. Pour 1967, les données qu’il présente situent chacun de ces équipements autour de 30 %. Environ sept logements sur dix restent donc dépourvus d’électricité, et une proportion voisine demeure sans eau courante. L’histoire publiée par la SIDR confirme également le très faible équipement du parc au début des années 1950\. La progression observée au cours de cette période accompagne une croissance démographique qui entretient des besoins considérables de construction et de raccordement aux réseaux. [⁷](https://sociologie974.wordpress.com/2015/01/03/soixante-ans-de-departementalisation-a-la-reunion-une-sociologie-des-mutations-de-lorganisation-sociale-et-de-la-structure-de-classe-en-contexte-postcolonial-n-roinsard/?ref=leblogdedibu.fr) [⁸](https://www.sidr.fr/tout-sur-la-sidr/note-histoire/?ref=leblogdedibu.fr)

L’absence d’eau courante représente une contrainte quotidienne de temps, d’hygiène et d’organisation domestique. L’absence d’électricité réduit les possibilités de conservation, d’équipement et de travail scolaire. Ces privations pèsent davantage lorsque le logement est occupé par une famille nombreuse et que les revenus sont irréguliers. Elles donnent un contenu matériel au mot pauvreté. Les solidarités familiales et de voisinage pouvaient amortir les difficultés, sans faire disparaître les besoins d’investissement public et de revenus réguliers.

Ces conditions ne sont pas propres à La Réunion : de nombreux Français pauvres connaissent alors eux aussi des difficultés de logement, d’équipement et d’accès aux services. La situation réunionnaise se distingue toutefois par l’ampleur de la croissance démographique et par l’étroitesse du marché du travail local. C’est cette combinaison qui rend la migration organisée particulièrement compréhensible dans le contexte de l’époque.

La santé révèle la profondeur des privations

L’étude de Magali Barbieri et Christine Catteau sur la mortalité infantile rappelle qu’en 1950 l’espérance de vie ne dépassait pas cinquante ans pour les hommes et cinquante-trois ans pour les femmes. La mortalité infantile se situait alors au-dessus de 165 décès avant un an pour mille naissances, avant de descendre vers cinquante pour mille au milieu des années 1970\. Ces repères montrent l’ampleur de la transformation sanitaire qui encadre les années 1960\. La survie des nourrissons s’améliore fortement au cours de ces décennies, tout en restant un enjeu majeur de santé publique. [⁹](https://www.persee.fr/doc/pop%5F0032-4663%5F2003%5Fnum%5F58%5F2%5F7440?ref=leblogdedibu.fr)

Une étude historique publiée par l’université de La Réunion décrit les carences, les parasitoses et les insuffisances d’infrastructures auxquelles répond progressivement la protection maternelle et infantile. Elle souligne que l’amélioration sanitaire fut graduelle. La départementalisation de 1946 n’avait pas immédiatement transformé les conditions de vie. Les interventions de prévention, les consultations et l’amélioration de l’offre de soins comptaient donc parmi les réponses possibles à la détresse des familles, au même titre que les politiques d’emploi. [¹⁰](https://tsingy.univ-reunion.fr/228?ref=leblogdedibu.fr)

Les conditions de vie donnent également une dimension sanitaire aux politiques de développement. L’accès à un revenu régulier, à un logement équipé et à des soins de proximité influence la sécurité quotidienne des familles. La prise en charge de la dénutrition ou des infections mobilise des interventions qui dépassent le seul acte médical. L’eau, l’assainissement et l’éducation sanitaire participent au même effort. Les améliorations de santé et les changements économiques avancent ainsi ensemble, avec des effets sur les dépenses des ménages, la scolarité et la disponibilité des adultes pour le travail.

La protection de l’enfance s’inscrit dans ce contexte de pauvreté et de moyens limités. Les services sociaux présentent les placements comme un moyen de mettre les mineurs à l’abri et de leur donner accès à des conditions de vie, à une scolarité ou à une formation jugées plus favorables. Cet objectif affiché éclaire les décisions de l’époque. Leur mise en œuvre dépend ensuite des places disponibles, des établissements et des capacités de suivi des enfants et de leurs familles.

Les besoins de main-d’œuvre dans une France du baby-boom

La France hexagonale connaît alors une expansion économique accompagnée de besoins importants de main-d’œuvre. Cette période correspond aussi au baby-boom : la fécondité atteint 2,74 enfants par femme en 1960 et 2,92 en 1964\. Les besoins de recrutement se manifestent dans l’immédiat, alors que les enfants nés au cours de ces années rejoindront le marché du travail beaucoup plus tard. L’augmentation de la production et des services peut ainsi créer des tensions sur les recrutements dans une population dont les naissances sont elles-mêmes nombreuses. La situation démographique et les besoins professionnels obéissent à des calendriers différents. [²](https://www.insee.fr/fr/statistiques/3047952?ref=leblogdedibu.fr) [¹¹](https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres-graphiques-tableaux/fecondite-en-france-en-chiffres-indice?ref=leblogdedibu.fr)

Le chômage métropolitain se situait autour de 1,7 % de la population active au début des années 1960, selon une rétrospective publiée dans Économie et Statistique. L’écart avec les difficultés réunionnaises rendait économiquement plausible une politique de mobilité. Le déplacement pouvait rapprocher une demande de travail insuffisamment satisfaite et une population recherchant un emploi. Cette complémentarité constitue un argument sérieux en faveur du principe d’une migration accompagnée. [¹²](https://www.persee.fr/doc/estat%5F0336-1454%5F1985%5Fnum%5F183%5F1%5F5038?ref=leblogdedibu.fr)

L’immigration participe aussi à la réponse aux besoins de l’économie hexagonale. Le Musée national de l’histoire de l’immigration décrit l’arrivée de travailleurs étrangers et leurs conditions d’installation, notamment les difficultés de logement. L’histoire des migrations algériennes traverse le changement de statut lié à l’indépendance de 1962, puis les relations entre deux États. Les Réunionnais se déplacent, pour leur part, à l’intérieur du territoire national en tant que citoyens français. Les conditions économiques rapprochent certaines expériences de travail et d’hébergement, tandis que les cadres administratifs et politiques restent différents. [¹³](https://www.histoire-immigration.fr/en/node/3398?ref=leblogdedibu.fr)

La relation économique comporte un intérêt réciproque. Les employeurs et les services publics bénéficient du travail fourni, tandis que les salariés perçoivent un revenu et peuvent construire une trajectoire professionnelle. Dans le cas réunionnais, cette contribution est celle de citoyens participant à l’économie nationale. Le départ comporte aussi un changement d’environnement social, de conditions de vie et de distance avec les proches. L’installation concerne donc l’ensemble de la vie quotidienne : elle engage l’emploi, le logement, les relations familiales et les possibilités de circulation entre l’île et l’Hexagone.

Le BUMIDOM et la réalité des départs volontaires

Créé en 1963, le Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d’outre-mer, ou BUMIDOM, organise une migration accompagnée. Michel Debré, ancien Premier ministre et député de La Réunion à partir de mai 1963, en est un promoteur majeur. Les Archives départementales de la Guadeloupe décrivent explicitement une mission d’aide aux volontaires demandant à s’établir dans l’Hexagone, avec des interventions sur le voyage, la formation et l’installation. Le dispositif économique repose officiellement sur les candidatures des personnes souhaitant bénéficier de cet accompagnement. [¹⁴](https://www.archivesguadeloupe.fr/2025/05/07/focus-le-bumidom-un-organisme-hors-norme/?ref=leblogdedibu.fr) [¹⁵](https://www.info.gouv.fr/les-anciens-premiers-et-premieres-ministres-de-la-ve-republique/michel-debre?ref=leblogdedibu.fr)

Le BUMIDOM peut donc être présenté, dans le contexte de sa création, comme une tentative de répondre simultanément à deux difficultés : le manque de débouchés dans les départements d’outre-mer et les besoins de main-d’œuvre en métropole. Il ne s’agissait pas nécessairement d’opposer les intérêts de La Réunion à ceux de la France hexagonale, mais de mettre en relation deux situations économiques différentes. Pour les candidats, cette politique pouvait offrir une solution concrète à la pauvreté et au sous-emploi.

Les candidatures expriment des projets d’indépendance financière, d’apprentissage d’un métier et de promotion sociale. Les aspirations individuelles rencontrent une politique publique qui facilite matériellement le déplacement. Le dispositif ouvre l’accès au voyage et à des réseaux de formation ou de recrutement qui seraient plus difficiles à mobiliser isolément. Le caractère volontaire de la candidature et l’encadrement administratif du parcours constituent ainsi deux dimensions simultanées de cette migration. La décision personnelle s’inscrit dans un ensemble de possibilités professionnelles sélectionnées et organisées par les institutions.

Le parcours comprend plusieurs étapes : candidature, préparation du voyage, formation, affectation professionnelle et installation. Chacune intervient dans des conditions d’information et de choix propres. La volonté de partir peut s’accompagner de marges de décision limitées sur le métier ou la destination proposés. La question du retour se pose ensuite dans un environnement nouveau, avec des ressources et des obligations différentes. L’examen des conditions de mobilité porte donc à la fois sur la décision initiale et sur les possibilités dont dispose la personne une fois installée.

Les dossiers présentés par les Archives de la Guadeloupe montrent des orientations différenciées : services domestiques, soins ou textile pour de nombreuses femmes ; industrie, bâtiment et postes pour les hommes. Ils révèlent également des aspirations individuelles à la formation et à la promotion sociale. Le document s’appuie sur des archives guadeloupéennes : il éclaire le fonctionnement général du dispositif sans autoriser à attribuer automatiquement chaque caractéristique à tous les Réunionnais. Il montre surtout qu’une offre réelle de débouchés pouvait s’accompagner d’une orientation professionnelle fortement encadrée. [¹⁶](https://www.archivesguadeloupe.fr/2025/07/24/focus-bumidom-des-parcours-orientes-filieres-et-affectations-des-migrants-du-bumidom/?ref=leblogdedibu.fr)

Les difficultés rencontrées par certains migrants ne remettent pas en cause l’existence de cette logique initiale. Un logement collectif trop éloigné, une information insuffisante, une affectation professionnelle décevante ou une séparation familiale pouvaient rendre l’installation difficile. Ces problèmes doivent être décrits et reconnus. Ils relèvent toutefois de la complexité d’une politique sociale et migratoire de grande ampleur, ainsi que de négligences ou de limites administratives, et non d’une intention malveillante démontrée.

Les promesses de travail et de logement

Un emploi modestement rémunéré peut représenter un changement majeur lorsqu’il succède à une activité saisonnière ou à une période sans revenu. La régularité du salaire facilite l’organisation des dépenses et la préparation de projets. Son intérêt dépend toutefois du coût du logement, des transports et de la vie quotidienne. La comparaison économique porte ainsi sur les ressources effectivement disponibles après les charges. L’accès à une formation et les possibilités de progression professionnelle entrent également dans le bilan du départ, au-delà du seul montant du premier salaire.

Les recherches de Sylvain Pattieu décrivent un dispositif comprenant des aides sociales, des prêts, des formations et des aides au logement. Un compte rendu parlementaire d’octobre 1964 mentionne un foyer réunionnais et des projets d’augmentation des capacités d’hébergement. Des témoignages publiés par le Département de La Réunion évoquent des chambres partagées par plusieurs jeunes. L’accompagnement prend donc des formes diverses, allant de l’hébergement collectif aux aides à l’installation. Le logement autonome et l’accès au parc social constituent des étapes distinctes, dont les conditions varient selon les parcours et les possibilités locales d’accueil. [¹⁷](https://shs.cairn.info/revue-politix-2016-4-page-81?ref=leblogdedibu.fr) [¹⁸](https://archives.assemblee-nationale.fr/2/cri/1964-1965-ordinaire1/022.pdf?ref=leblogdedibu.fr) [¹⁹](https://www.departement974.fr/actualite/transcription-textuelle-des-videos-75-ans-de-departementalisation-1946-2021-portraits-des?ref=leblogdedibu.fr)

L’évaluation d’un départ devrait porter sur sa trajectoire complète. Il faut considérer la durée avant le premier emploi, la stabilité obtenue, les dépenses de logement et les possibilités d’entretenir les liens familiaux. Un salaire plus élevé peut être amputé par un coût de vie différent. Inversement, une première installation difficile peut être suivie d’une insertion durable. Les réussites et les souffrances doivent être étudiées avec la même exigence, sans supposer que les unes effacent les autres.

La distance et le coût des déplacements pèsent sur la circulation entre l’île et l’Hexagone. Le financement du voyage initial répond à une première difficulté ; les déplacements suivants dépendent des ressources disponibles et des aides accessibles. Un salarié installé doit aussi tenir compte de son travail, de son logement et de ses engagements familiaux. Le retour s’inscrit donc dans un ensemble de contraintes matérielles. L’accompagnement de la mobilité peut être évalué sur cette durée, en considérant les possibilités d’installation, le maintien des liens et les conditions d’un éventuel retour.

Les alternatives économiques à la migration

L’analyse des alternatives distingue les réponses immédiates des transformations de longue durée. Une mobilité préparée peut donner accès à un emploi ou à une formation dans un délai relativement court. Le développement d’activités nouvelles sur l’île demande des investissements, des infrastructures, du personnel et des débouchés. Former des enseignants ou équiper des établissements exige aussi du temps. Cette différence de calendrier explique l’intérêt d’associer des réponses de court terme aux difficultés individuelles et une politique durable de développement local. Les deux approches interviennent à des échelles différentes.

Parmi les leviers de développement figurent les travaux d’équipement, la construction de logements, l’amélioration sanitaire et la formation professionnelle. L’analyse économique conduit à envisager leur articulation avec la diversification des activités. Il s’agit de possibilités d’action dont la mise en œuvre dépend de financements, de compétences et de choix publics. Leur mobilisation peut accroître les ressources locales et améliorer les conditions dans lesquelles les habitants choisissent de rester ou de partir. La migration intervient alors comme une composante d’une politique d’emploi plus large.

L’organisation de la mobilité constitue elle-même un champ de choix publics. La préparation professionnelle, la précision des conditions d’embauche, l’hébergement à l’arrivée et l’accompagnement du retour répondent à des risques différents. Une évaluation des alternatives examine les moyens engagés, les délais et les effets attendus pour les personnes. Elle met en regard les coûts d’installation extérieure et ceux des investissements locaux, sans disposer ici d’un chiffrage rétrospectif complet. Les ressources consacrées à chaque volet déterminent la combinaison concrète entre accompagnement individuel et développement du territoire.

Le CNARM, créé en 1965 sous l’impulsion de Michel Debré, apporte un autre cadre d’accompagnement des Réunionnais vers l’emploi extérieur. Sa présentation historique rappelle cette origine et sa mission en faveur de l’insertion professionnelle par la mobilité. L’existence de cet organisme inscrit l’aide au départ dans une politique durable, qui associe l’île à des possibilités d’emploi situées dans l’Hexagone ou ailleurs. Elle éclaire la place de la préparation et des réseaux d’accueil dans les projets professionnels des candidats réunionnais. [²⁰](https://www.cnarm.fr/presentation/reportage/2015/12/24/le-cnarm%2Cqui-sommes-nous%2C94.html?ref=leblogdedibu.fr)

La migration ne doit donc pas être opposée mécaniquement au développement local. Dans le contexte de l’époque, elle pouvait constituer une réponse complémentaire : elle offrait des possibilités immédiates à certains habitants, tandis que les investissements locaux produisaient leurs effets sur un temps plus long. Cette combinaison pouvait être considérée comme la meilleure solution disponible pour lutter contre la pauvreté, réduire la pression démographique et préparer l’avenir économique de l’île.

Les enfants dits de la Creuse et la protection de l’enfance

La commission historique de 2018 a recensé 2 015 mineurs transférés, sous réserves méthodologiques. Les catégories comprenaient des pupilles, des recueillis temporaires et des mineurs en garde. Leurs situations familiales étaient diverses : certains étaient orphelins, d’autres avaient des parents vivants. Le rapport distingue aussi de très jeunes enfants et des adolescents proches de l’emploi. Il ne conclut pas à l’existence d’un trafic massif et organisé destiné à l’adoption. La prise en charge administrative et la protection de l’enfance forment le cadre propre de ces transferts. [²¹](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/184000184.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

Le transfert de certains enfants vers la métropole doit être replacé dans la volonté de les protéger et de leur offrir des conditions de vie, de scolarisation ou de formation jugées meilleures à l’époque. La Réunion connaissait alors une forte pression démographique, des structures d’accueil insuffisantes et des difficultés matérielles importantes. Dans ce contexte, l’accueil extérieur pouvait apparaître comme une solution possible pour certains mineurs, notamment lorsque les services sociaux estimaient que les conditions locales ne permettaient pas une prise en charge satisfaisante.

Le rapport parlementaire de janvier 2026 rappelle que des enfants ont été transférés alors que leurs parents étaient vivants et n’avaient pas consenti à leur départ. Ces situations donnent une place centrale aux décisions des services sociaux et aux relations avec les familles. La nature du recueil, le statut administratif du mineur et la compréhension des conséquences du placement déterminent des configurations différentes. Le rapport de 2026 restitue les constats et les enjeux du débat parlementaire, en s’appuyant notamment sur les travaux historiques antérieurs. [²²](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L17B2355.html?ref=leblogdedibu.fr)

Le cadre administratif de ces décisions est celui de la protection de l’enfance. Les autorités présentent l’accueil extérieur comme une possibilité de prise en charge dans un contexte où les ressources locales sont insuffisantes. Les documents et les témoignages permettent ensuite de suivre les conditions effectives du placement : information des familles, maintien des liens, scolarité et accueil. Ils rendent compte des parcours individuels et des difficultés rencontrées, sans donner à toutes les décisions ni à tous les acteurs une intention unique.

Une décision de protection peut parfois imposer une séparation, notamment si le maintien au domicile présente un danger. Mais décider qu’un enfant doit être protégé ne répond pas automatiquement à la question du lieu, de la durée et des modalités du placement. Il faut encore apprécier ses attaches et son intérêt propre. Les besoins de main-d’œuvre ou de repeuplement d’un territoire d’accueil ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer ce qui constitue une solution adaptée pour cet enfant. L’objectif de protection devait donc être accompagné d’un suivi attentif des familles, des enfants et des conditions de placement.

Des structures insuffisantes et des trajectoires différentes

Les annexes du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de 2002 recensent des placements en familles et en établissements sur l’île dès les années 1960\. Elles décrivent également des parcours comportant une formation ou un retour à La Réunion. Les capacités d’accueil locales font ainsi partie des solutions effectivement utilisées pendant la période. Leur existence s’inscrit toutefois dans un contexte de besoins élevés et de moyens limités. La qualité de la prise en charge dépend des places disponibles, de l’équipement et de l’encadrement proposés dans chaque structure. [²³](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/024000602.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

Le rapport sénatorial de 2013 rappelle les conclusions prudentes et alors peu accusatrices de l’enquête administrative de 2002\. Les travaux historiques et la reconnaissance publique évoluent ensuite, à mesure que les dossiers et les témoignages sont davantage étudiés. Cette succession de publications appartient elle-même à l’histoire du dossier. Elle permet de suivre les questions posées, les connaissances disponibles et la place progressivement prise par la parole des anciens mineurs. Les documents administratifs, les recherches et les débats parlementaires apportent des éclairages complémentaires sur cette évolution. [²⁴](https://www.senat.fr/rap/r12-862/r12-8621.html?ref=leblogdedibu.fr)

Les inégalités sociales réunionnaises s’inscrivent dans une histoire marquée par l’esclavage et l’engagisme. Cet héritage intervient dans la distribution des ressources et dans les rapports de dépendance étudiés par Roinsard. La protection de l’enfance rencontre ces inégalités lorsqu’elle intervient auprès de familles dont les difficultés matérielles limitent les possibilités de prise en charge. La pauvreté du ménage, les solidarités disponibles et l’accès aux services constituent alors des éléments concrets de la situation. L’examen des dossiers individuels permet d’étudier leur combinaison, sans réduire les trajectoires à une origine unique. [⁵](https://journals.openedition.org/etudesrurales/pdf/10180?ref=leblogdedibu.fr)

Les enfants transférés n’ont pas tous connu le même parcours. Certains ont bénéficié d’une scolarité, d’une formation et d’une insertion professionnelle. D’autres ont souffert de conditions d’accueil difficiles, d’un éloignement mal préparé ou d’une rupture durable avec leur famille. Ces différences tiennent aux situations individuelles, aux établissements, aux familles d’accueil et au suivi administratif. Elles invitent à distinguer l’objectif général de protection, qui pouvait être sincère, des résultats concrets et parfois insuffisants de sa mise en œuvre.

Protéger les enfants avec les moyens de l’époque

Le recours à un accueil extérieur mobilise des capacités de prise en charge situées dans d’autres départements. Pour certains mineurs, les parcours documentés comprennent une scolarité, une formation ou une insertion professionnelle. Le placement comporte aussi un changement de milieu de vie et un éloignement des attaches familiales. Son bilan associe ainsi la protection matérielle reçue aux conditions de vie dans les établissements ou les familles d’accueil. Les dossiers individuels et les témoignages permettent de décrire ces dimensions et leur évolution au fil du temps. [²³](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/024000602.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

Les alternatives pouvaient comprendre le soutien matériel à une famille, un placement chez un proche évalué et aidé, un accueil local ou une prise en charge extérieure accompagnée du maintien des liens. Aucune de ces solutions n’était disponible partout avec la même qualité. Certaines auraient nécessité des moyens supplémentaires et du personnel qualifié. Elles restent toutefois des options distinctes de l’inaction. La comparaison historique doit reconnaître leurs difficultés pratiques, sans traiter leur insuffisance initiale comme la preuve qu’il était impossible de les développer.

Le bilan matériel et l’expérience affective constituent deux aspects du même parcours. La scolarité, l’apprentissage d’un métier et l’accès à un revenu décrivent des possibilités acquises. La séparation des proches, les changements de lieu de vie et les difficultés à retrouver son histoire familiale concernent d’autres dimensions de l’existence. Leur étude conjointe donne une place aux trajectoires individuelles dans l’histoire des politiques sociales. Elle permet de comprendre comment une même décision administrative peut avoir plusieurs conséquences, qui se prolongent parfois bien au-delà de la période du placement.

Les décisions de placement se comprennent à partir des objectifs formulés par les autorités, des ressources disponibles et des possibilités d’accueil qu’elles estimaient accessibles. Les responsables agissent dans une société où les moyens sanitaires et sociaux restent limités. La reconstitution historique relie ces contraintes aux parcours documentés. Elle permet de décrire à la fois les prises en charge proposées et les difficultés de leur réalisation, en distinguant les décisions nationales, les pratiques des services et les conditions d’accueil dans chaque établissement ou famille.

Une politique sociale et économique aux effets durables

Le 18 février 2014, l’Assemblée nationale a adopté une résolution reconnaissant un manquement de l’État à sa responsabilité morale envers ces pupilles. Le texte demande l’approfondissement et la diffusion de la connaissance historique, ainsi qu’une aide aux anciens pupilles pour reconstituer leur histoire personnelle. Cette reconnaissance parlementaire porte sur la responsabilité morale et la mémoire des parcours. Elle inscrit les démarches individuelles de recherche des origines dans un enjeu public : permettre l’accès à une histoire familiale et administrative souvent fragmentée par les placements et l’éloignement. [²⁵](https://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0300.asp?ref=leblogdedibu.fr)

La complémentarité entre les besoins professionnels de l’Hexagone et les difficultés d’insertion réunionnaises donne un fondement économique à la mobilité accompagnée. Le départ peut ouvrir l’accès à un revenu régulier, à une formation et à des possibilités d’évolution. Ses effets dépendent ensuite des conditions d’accueil et de la trajectoire personnelle. Les parcours des migrants rejoignent ainsi plusieurs dimensions du développement : l’accès au travail, l’autonomie financière, la formation et la circulation des personnes entre différents espaces de l’économie nationale.

Le BUMIDOM s’inscrit dans une période où les transformations économiques avancent moins vite que les besoins d’une population très jeune. Il organise des possibilités de départ recherchées par des candidats et accompagne leur insertion dans un autre environnement professionnel. Dans le contexte de l’époque, cette politique pouvait être considérée comme une solution pragmatique, susceptible de bénéficier à la fois aux habitants de La Réunion et à l’économie métropolitaine. Elle ne supprimait pas la nécessité du développement local, mais elle apportait une réponse immédiate à la pauvreté et au manque d’emplois.

Les transferts de mineurs relèvent, pour leur part, d’une politique présentée par les autorités comme une réponse aux besoins de protection et d’éducation. Le recours à l’accueil extérieur mobilise des capacités que les responsables estimaient insuffisantes sur l’île. Les archives et les témoignages décrivent ensuite des expériences différentes selon les lieux et les personnes. L’étude de ces parcours donne une place aux objectifs de protection comme aux conditions effectives d’accueil, dans le contexte social et matériel des années 1960.

La connaissance des effets de ces politiques repose sur les trajectoires effectivement documentées. La formation reçue, les emplois occupés, les conditions de logement et les relations familiales permettent de décrire ce que les personnes ont vécu. Les comparaisons avec ceux qui sont restés sur l’île demandent de tenir compte de l’âge, de la formation et des ressources initiales. Ces différences influencent les possibilités d’insertion. Elles rendent nécessaire une lecture des parcours qui relie les résultats obtenus aux conditions concrètes de départ et d’accueil.

Pour les anciens mineurs, la reconstitution du parcours comporte en outre une dimension familiale et personnelle. L’accès aux dossiers permet de retrouver des décisions, des lieux et parfois des proches. La connaissance historique s’appuie sur ces traces et sur les témoignages pour relier l’organisation administrative aux expériences vécues. L’histoire économique de La Réunion des années 1960 et celle des mobilités prennent alors leur pleine signification : elles concernent les ressources d’un territoire, les choix des institutions et la vie des personnes auxquelles ces politiques étaient destinées.

Repères chiffrés

Population. La Réunion compte 349 282 habitants en 1961, puis 416 525 en 1967\. [¹](https://ipc2009.popconf.org/papers/91451?ref=leblogdedibu.fr)

Une population très jeune. En 1961, 54,3 % des habitants ont moins de vingt ans. [¹](https://ipc2009.popconf.org/papers/91451?ref=leblogdedibu.fr)

Fécondité. L’indicateur conjoncturel atteint 6,39 enfants par femme en 1960 à La Réunion, contre 2,74 dans l’Hexagone. [²](https://www.insee.fr/fr/statistiques/3047952?ref=leblogdedibu.fr)

Naissances et décès. En 1960, l’île enregistre 14 856 naissances et 3 892 décès, soit un accroissement naturel de 10 964 personnes, avant migrations. [³](https://www.insee.fr/fr/statistiques/8383466?ref=leblogdedibu.fr)

Emploi. La série rétrospective de l’Insee indique environ 87 057 emplois en 1960\. [⁴](https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128996?ref=leblogdedibu.fr)

Chômage et sous-emploi. La première mesure date de 1967\. Les repères vont de 11 % à environ 23 %, selon la prise en compte du sous-emploi. [⁴](https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128996?ref=leblogdedibu.fr) [⁶](https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-dom/15-16/c1516006.asp?ref=leblogdedibu.fr)

Pauvreté. Les sources consultées ne donnent pas de taux monétaire de pauvreté pour 1960 comparable aux indicateurs actuels. Les privations sont documentées par les conditions de logement, l’accès aux équipements et les indicateurs sanitaires.

Mineurs transférés. La commission historique de 2018 recense 2 015 mineurs, dans un décompte arrêté en 2017 et assorti de réserves méthodologiques. [²¹](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/184000184.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

Sources et précisions documentaires

Étude documentaire datée du 22 octobre 2026, fondée sur des séries statistiques rétrospectives, des recherches historiques et des documents administratifs ou parlementaires. Les analyses des alternatives présentent des possibilités d’action et leurs contraintes, sans chiffrage budgétaire rétrospectif complet.

1\. Franck Temporal, Migrations emplois inégalités et développement à La Réunion, communication UIESP, 2009, tableau démographique, p. 9 du PDF. [Consulter la source](https://ipc2009.popconf.org/papers/91451?ref=leblogdedibu.fr)

2\. Insee, Une population vieillissante, Insee Analyses Réunion 25, 31 août 2017, figure 3\. [Consulter la source](https://www.insee.fr/fr/statistiques/3047952?ref=leblogdedibu.fr)

3\. Insee, Après deux décennies de stabilité la fécondité recule, Insee Flash Réunion 288, 11 mars 2025, série annuelle des naissances et décès. [Consulter la source](https://www.insee.fr/fr/statistiques/8383466?ref=leblogdedibu.fr)

4\. Yohan Coder, Bérangère Duplouy et Édouard Fabre, La départementalisation de La Réunion 1946-2016, Insee Analyses Réunion 18, 4 octobre 2016\. [Consulter la source](https://www.insee.fr/fr/statistiques/2128996?ref=leblogdedibu.fr)

5\. Nicolas Roinsard, Pauvreté et inégalités de classe à la Réunion. Le poids de l’héritage historique, Études rurales 194, 2014, p. 173 à 189\. [Consulter la source](https://journals.openedition.org/etudesrurales/pdf/10180?ref=leblogdedibu.fr)

6\. Assemblée nationale, délégation aux outre-mer, compte rendu 6 de la session 2015-2016, audition consacrée aux mutations de La Réunion. [Consulter la source](https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-dom/15-16/c1516006.asp?ref=leblogdedibu.fr)

7\. Nicolas Roinsard, Soixante ans de départementalisation à La Réunion, texte de recherche reproduit sur Sociologie 974\. [Consulter la source](https://sociologie974.wordpress.com/2015/01/03/soixante-ans-de-departementalisation-a-la-reunion-une-sociologie-des-mutations-de-lorganisation-sociale-et-de-la-structure-de-classe-en-contexte-postcolonial-n-roinsard/?ref=leblogdedibu.fr)

8\. SIDR, Notre histoire, repères sur l’équipement des logements au début des années 1950\. [Consulter la source](https://www.sidr.fr/tout-sur-la-sidr/note-histoire/?ref=leblogdedibu.fr)

9\. Magali Barbieri et Christine Catteau, L’évolution de la mortalité infantile à la Réunion depuis cinquante ans, Population 58, 2003, p. 229 à 252\. [Consulter la source](https://www.persee.fr/doc/pop%5F0032-4663%5F2003%5Fnum%5F58%5F2%5F7440?ref=leblogdedibu.fr)

10\. Promouvoir la santé de la mère et de l’enfant à La Réunion de 1956 à 1990, Tsingy, université de La Réunion. [Consulter la source](https://tsingy.univ-reunion.fr/228?ref=leblogdedibu.fr)

11\. Ined, La fécondité en France en chiffres, repères sur le baby-boom et ses indicateurs. [Consulter la source](https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres-graphiques-tableaux/fecondite-en-france-en-chiffres-indice?ref=leblogdedibu.fr)

12\. Claude Thélot, Les traits majeurs du chômage depuis vingt ans, Économie et Statistique 183, 1985\. [Consulter la source](https://www.persee.fr/doc/estat%5F0336-1454%5F1985%5Fnum%5F183%5F1%5F5038?ref=leblogdedibu.fr)

13\. Musée national de l’histoire de l’immigration, L’histoire de l’immigration en France après 1945\. [Consulter la source](https://www.histoire-immigration.fr/en/node/3398?ref=leblogdedibu.fr)

14\. Archives départementales de la Guadeloupe, Le BUMIDOM un organisme hors norme, 7 mai 2025\. [Consulter la source](https://www.archivesguadeloupe.fr/2025/05/07/focus-le-bumidom-un-organisme-hors-norme/?ref=leblogdedibu.fr)

15\. Gouvernement français, notice biographique Michel Debré. [Consulter la source](https://www.info.gouv.fr/les-anciens-premiers-et-premieres-ministres-de-la-ve-republique/michel-debre?ref=leblogdedibu.fr)

16\. Archives départementales de la Guadeloupe, Des parcours orientés filières et affectations des migrants du BUMIDOM, 24 juillet 2025\. [Consulter la source](https://www.archivesguadeloupe.fr/2025/07/24/focus-bumidom-des-parcours-orientes-filieres-et-affectations-des-migrants-du-bumidom/?ref=leblogdedibu.fr)

17\. Sylvain Pattieu, Un traitement spécifique des migrations d’outre-mer : le BUMIDOM et ses ambiguïtés, Politix 116, 2016, p. 81 et suivantes. Notice et extraits accessibles en ligne. [Consulter la source](https://shs.cairn.info/revue-politix-2016-4-page-81?ref=leblogdedibu.fr)

18\. Assemblée nationale, débats du 22 octobre 1964, p. 3789 à 3790, présentation gouvernementale du dispositif et des hébergements. [Consulter la source](https://archives.assemblee-nationale.fr/2/cri/1964-1965-ordinaire1/022.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

19\. Département de La Réunion, Transcription des portraits des témoins des 75 ans de départementalisation, 2021\. [Consulter la source](https://www.departement974.fr/actualite/transcription-textuelle-des-videos-75-ans-de-departementalisation-1946-2021-portraits-des?ref=leblogdedibu.fr)

20\. CNARM, présentation historique publiée le 24 décembre 2015\. [Consulter la source](https://www.cnarm.fr/presentation/reportage/2015/12/24/le-cnarm%2Cqui-sommes-nous%2C94.html?ref=leblogdedibu.fr)

21\. Philippe Vitale, Wilfrid Bertile, Prosper Ève et Gilles Gauvin, Étude de la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale 1962-1984, rapport remis le 10 avril 2018\. Voir notamment la synthèse et les développements sur les adoptions. [Consulter la source](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/184000184.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

22\. Karine Lebon, Assemblée nationale, rapport 2355 déposé le 20 janvier 2026\. Rapport parlementaire à distinguer du rapport historique de 2018\. [Consulter la source](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L17B2355.html?ref=leblogdedibu.fr)

23\. Christian Gal et Pierre Naves, IGAS, Rapport sur la situation d’enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970, octobre 2002, notamment annexes sur les placements et dossiers individuels. [Consulter la source](https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/024000602.pdf?ref=leblogdedibu.fr)

24\. Sénat, L’audace ultramarine en hexagone, rapport 862, 2013, rappel de l’enquête de 2002\. [Consulter la source](https://www.senat.fr/rap/r12-862/r12-8621.html?ref=leblogdedibu.fr)

25\. Assemblée nationale, résolution 300 relative aux enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970, 18 février 2014\. [Consulter la source](https://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0300.asp?ref=leblogdedibu.fr)