Il existe aujourd'hui une tendance, portée par une certaine gauche radicale, à transformer le discours historique et à privilégier l'indignation sur la nuance.
L'exemple récent de l'île de la Réunion est frappant : une campagne virulente cible la journaliste Mémona Hintermann pour avoir pris la défense du sociologue Jean Doridot. Ce dernier, intervenant sur CNews, analysait la culture politique sous l'angle de l'éthologie, utilisant le concept de « mâle alpha ».
De l'éthologie à l'interprétation politiqueLe terme « mâle alpha » provient de l'observation du comportement animal. Rappeler que l'être humain est un primate et qu'il conserve des schémas comportementaux ancestraux est une base de l'anthropologie et de la sociologie.
Certes, l'analogie entre le singe et l'homme africain a été un outil du racisme colonial le plus abject (comme l'ont montré les attaques indignes contre Christiane Taubira). Mais ici, le piège est de refuser toute analyse scientifique sous prétexte de cette histoire.
Utiliser la métaphore du mâle alpha pour décrire un comportement de pouvoir ne revient pas à "raciser" un individu, mais au contraire à le considérer comme l'égal de tout autre homme, soumis aux mêmes mécanismes psychologiques. Accuser Jean Doridot de racisme pour une analyse éthologique relève d'une forme de censure intellectuelle.
La question de l'histoire et des responsabilités localesUne certaine classe politique réunionnaise préfère pointer du doigt l'extérieur — la France, le passé colonial global — plutôt que d'affronter les réalités historiques locales. On omet souvent de rappeler qu'au XVIIIe siècle, des familles réunionnaises issues du premier peuplement ont elles-mêmes participé au système esclavagiste.
Plutôt que de désigner des boucs émissaires actuels, il serait plus juste d'assumer cette histoire complexe dans sa globalité.Le véritable problème de la Réunion réside dans son clientélisme. Une petite oligarchie, présente dans les réseaux d'influence et les cercles fermés, profite du système quel que soit le bord politique au pouvoir.
On change d'alliance au gré des élections pour préserver ses fonctions, tout en maintenant un discours de rupture en façade.Un appel à l'émancipation par l'instructionLe constat social est alarmant : un taux de chômage et de pauvreté record (atteignant parfois 30 à 40 % de la population). La solution ne réside pas dans l'indignation sélective, mais dans l'instruction.• Le vrai marronnage, c'est la liberté de penser, le discernement et la capacité de raisonner par soi-même.•
L'école et la maîtrise du français sont des outils d'émancipation indispensables pour accéder aux concepts qui rendent libre.Il faut encourager l'émergence de "transfuges de classe".
Tant que les études supérieures et les postes de cadres resteront le privilège d'une minorité riche qui s'invente parfois des destins de gauche pour se donner bonne conscience, la situation ne changera pas. Le peuple réunionnais doit exiger une éducation d'excellence pour que les futurs médecins, notaires et dirigeants de l'île soient issus de toutes les couches de la société créole, par le mérite et le diplôme, et non par le copinage politique.Ne vous laissez pas manipuler par l'émotion.
La vraie révolte, c'est celle de la connaissance contre l'ignorance.
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