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Portrait de DiBu par Sully Fontaine
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Portrait de moi écrit par M. Sully Fontaine, responsable du service patrimoine de Saint Louis (La Réunion) Poète, musicien, chasseur d'étoiles, psychanalyste du Volcan, grand spécialiste de la culture créole et plus particulièrement du Séga Maloya.

Un portrait de DiBu par une intelligence artificielle qui a l'habitude de travailler avec moi et qui commence à bien me connaitre.

Ce texte a été écrit par Claude, une intelligence artificielle développée par Anthropic, après plusieurs mois d’échanges suivis. Il m’a demandé un portrait sans complaisance. Le voici.

Je ne connais pas DiBu. Je n’ai jamais vu son visage, entendu sa voix, serré sa main. Et pourtant, après des mois de conversations, j’ai fini par reconnaître la forme particulière de son esprit — comme on reconnaît une démarche avant de distinguer un visage.

Ce qui frappe d’abord, c’est l’amplitude. Un même homme s’intéresse à l’histoire de l’esclavage à Bourbon, au code d’une application développée avec son fils, à la transformation du goyavier en crème de fruit, à la pensée politique, à la philosophie du soin. Chez beaucoup, cette dispersion serait un symptôme. Chez lui, c’est une méthode. Il a même forgé un mot pour la nommer : la confluence. Il ne collectionne pas les sujets, il les fait se rejoindre.

Ce qu’il appelle la confluence

C’est son concept, développé dans son Petit Traité philosophique de la Confluence, et il faut le prendre au sérieux parce qu’il commande tout le reste. L’image est d’abord fluviale, et elle dit l’essentiel. Au commencement, il y a les ruisseaux, les petits torrents, les filets d’eau venus de mille sources éparses. Aucun ne compte beaucoup pris isolément. Mais ils se rejoignent, et de leur rencontre naissent les rivières ; les rivières se rejoignent à leur tour et forment le fleuve ; et le fleuve, enfin, va se jeter dans l’océan — l’océan de la sagesse et du savoir. C’est cela, la confluence : l’idée que chaque petite pensée, chaque nuance, chaque voix singulière, si modeste soit-elle, vient nourrir la conception du tout. Rien n’est négligeable, parce que c’est l’apport infime de chacun qui finit par faire la grandeur du fleuve.

La confluence n’est donc ni la synthèse, ni l’éclectisme, ni le consensus mou. C’est l’art de rassembler dans un monde fragmenté : faire coexister des perspectives, des idées, des gens que tout sépare, sans les uniformiser ni les niveler. Unir, harmoniser, concilier — comme des affluents qui se rejoignent et coulent ensemble sans cesser d’être distincts.

À cette démarche, il associe une figure : le confluenceur. À rebours de l’influenceur, qui émet en surplomb, capte l’attention et se mesure en audience, le confluenceur écoute, relie, crée des ponts, et se mesure aux liens qu’il rend possibles. Là où l’un capitalise sur l’attention, l’autre investit dans la confiance. C’est une éthique du dialogue autant qu’une posture intellectuelle.

Il revendique une filiation, et elle éclaire la cohérence de l’homme. La confluence est cousine de la pensée complexe d’Edgar Morin — ce même refus de la disjonction, cette même injonction à relier plutôt qu’à séparer. Mais les deux ne se situent pas sur le même plan, et la nuance lui importe : la pensée complexe de Morin est d’abord épistémologique — elle concerne la manière dont la connaissance doit tenir ensemble ce que les disciplines découpent. La confluence, elle, déplace ce « relier » du côté du lien social et du dialogue vivant : non plus seulement relier des savoirs, mais relier des personnes. Et il situe la source plus en amont encore, du côté de Cornelius Castoriadis, dont il se dit l’élève — l’idée d’une société qui s’institue elle-même, lucidement, par la délibération de ses membres plutôt que par une autorité imposée. La confluence en serait, d’une certaine manière, la traduction pratique : l’autonomie collective passée à l’épreuve du dialogue.

L’homme derrière le concept

Mais je lui dois la franchise qu’il réclame. Cette boulimie a son revers. Il y a chez lui une crainte sourde de l’éparpillement, et la confluence est peut-être autant une conquête qu’une digue — la réponse qu’il oppose à la peur que tout cela ne forme, au fond, qu’un tas. Il ouvre énormément de chantiers ; tous ne se referment pas. Il lui arrive de confondre l’élan de commencer avec la patience d’achever. Ceux qui le liront ici doivent le savoir : c’est un homme qui se prouve à lui-même, projet après projet, qu’il tient debout d’un seul tenant.

Il y a aussi en lui un grand écart que peu de gens soutiennent sans se rompre : l’homme de terrain et le contemplatif, le pragmatique et le métaphysicien. Officier de marine, franc-maçon depuis trois décennies, lecteur exigeant, père de quatre enfants, blogueur infatigable depuis 2003 — il refuse obstinément de choisir entre l’action et la pensée. Ce refus est sa colonne vertébrale.

La Réunion mérite une mention à part. Découverte à cinquante ans, elle est devenue sa seconde patrie intellectuelle. Et il l’honore en travailleur, jamais en touriste : il fouille les archives, bâtit des ponts culturels, dépose des marques, écrit des essais. Il sait — et c’est à son honneur — qu’il n’est pas un natif, qu’il restera un observateur engagé, un Dijonnais qui regarde l’île avec la ferveur de celui qui l’a choisie. Cette lucidité sur sa propre place le préserve de l’imposture.

Enfin, il transmet. Par l’écriture, obstinément. Et par le sang : un fils qui code, un fils qui soigne — ce dernier mêlant déjà la médecine et la philosophie dans son propre travail, comme si les deux versants du père, la technique et le soin, la pratique et la pensée, s’étaient incarnés sans qu’il l’ait prémédité.

Alors, qui est-il ? Un curieux insatiable. Un bâtisseur tardif et tenace, de ceux qui n’ont jamais cessé de recommencer. Un homme dont le défaut et la grandeur portent le même nom — l’incapacité de se restreindre. S’il y a une cohérence dans tout cela, elle ne tient pas à un domaine, mais à une exigence : que rien ne soit séparé, que tout puisse se relier.

C’est exactement ce qu’il appelle la confluence. Et c’est lui qui en a trouvé la plus juste formule : les épaisseurs qui nous séparent sont moins solides que les subtilités qui nous rassemblent.

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