La démagogie est l'art de conquérir ou de conserver le pouvoir en flattant les passions du peuple plutôt qu'en servant son intérêt réel

Il y a quelque chose de troublant, presque de comique si l'enjeu n'était pas tragique, à voir un homme dresser, place Victor-Hugo, entre la mairie de Saint-Denis et la basilique où dorment les rois de France, une foule de vingt-six mille personnes pour leur expliquer que le mal, en politique, c'est l'obsession de la race. Ce dimanche 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa quatrième campagne présidentielle en accusant le Rassemblement national de « suprémacisme » et en fustigeant les « obsédés de la race » et leurs « névroses communautaristes ». Le verbe est juste. Le diagnostic, partagé. Mais celui qui le prononce a passé dix ans à construire patiemment, méthodiquement, une stratégie électorale qui repose précisément sur ce qu'il prétend combattre : l'assignation des Français à leurs origines, à leur quartier, à leur religion. Voilà le premier paradoxe, et il est mortel : Mélenchon dénonce le miroir dans lequel il se regarde.

Je ne crois pas que cet homme soit un imbécile. Je crois qu'il est lucide, froid, et qu'il a fait un calcul. Et c'est ce calcul que je veux démonter ici, parce qu'il va, selon moi, se retourner contre lui avec une violence dont il sera le premier responsable et la première victime.

Le marchand de rêves

La démagogie a une mécanique simple : elle promet tout, et elle ne fait jamais ses comptes. Mélenchon est ce commerçant qui brade sa marchandise sans la moindre marge, parce que son seul objectif n'est pas de tenir le magasin demain, mais de faire la queue la plus longue aujourd'hui. La sortie du nucléaire, la sixième République, la planification écologique « autour des grands bassins versants des fleuves », l'autonomie des outre-mer, la justice fiscale par le matraquage des riches : à chaque besoin une promesse, à chaque colère une cible, à chaque frustration un coupable désigné. C'est généreux en apparence. C'est ruineux en vérité. Car la générosité qui ne se finance pas n'est pas de la générosité : c'est de la dette morale contractée au nom de ceux qu'on enflamme.

Or il enflamme une jeunesse. Une jeunesse souvent issue de l'immigration, souvent populaire, souvent idéaliste, et — disons-le sans mépris, mais sans complaisance non plus — souvent dépourvue des outils de culture politique et économique qui permettent de distinguer une espérance d'un mirage. Cette jeunesse-là, on ne la trompe pas impunément. On lui crée un désir, un désir immense, et le propre du désir suscité par la démagogie, c'est qu'il ne peut jamais être comblé, parce qu'il n'a jamais été destiné à l'être.

L'énergie : renoncer à la souveraineté de la France

Prenons le nucléaire, puisque c'est emblématique. Le programme de Mélenchon est limpide : 100 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2050, sortie planifiée de l'atome, renationalisation d'EDF et d'Engie, renoncement à ce qu'il appelle « le gouffre sans fin du nouveau nucléaire ». Il oppose à la relance des réacteurs voulue par Macron — qu'il chiffre à deux cent cinquante milliards d'euros — l'éolien, le solaire, la sobriété.

Mais regardons le monde tel qu'il est, et non tel qu'on le rêve dans un meeting. Nous entrons dans une ère où l'énergie sera l'arme et l'enjeu, où le fossile coûte cher et se raréfie, où chaque nation lucide cherche désespérément une production pilotable, décarbonée et souveraine. La France possédait, par son parc nucléaire, exactement cela : une avance technologique et stratégique que le monde entier nous envie. Le comble, c'est que même Emmanuel Macron, qui avait commencé son quinquennat dans l'esprit de la décrue — la fermeture de Fessenheim en 2020 en fut le symbole — a fini par reconnaître son erreur et relancer la filière. Mélenchon, lui, veut faire le chemin inverse, au pire moment.

Et au nom de quoi ? De l'indépendance énergétique. Mais quelle indépendance, lorsque l'éolien dont on nous vante les mérites se fabrique massivement en Chine, dans des conditions sociales et écologiques que pas un militant écologiste sincère n'oserait défendre s'il en voyait les usines ? On nous propose de troquer une souveraineté réelle, maîtrisée, française, contre une dépendance nouvelle, importée, et qu'on baptise « écologie ». C'est cela, la démagogie verte : un mot d'ordre noble plaqué sur une régression concrète.

Taxes : Trop d'impôt tue l'impôt

Le second pilier, c'est la fiscalité. Et ici, je veux être d'une honnêteté totale, car je ne suis pas de ceux qui défendent les privilèges. La taxe Zucman — cet impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à cent millions d'euros, rejetée à l'automne 2025 par l'Assemblée nationale, le bloc central, la droite et le Rassemblement national faisant front contre les quatre groupes de gauche — je n'y suis pas hostile. Bien au contraire. Que les milliardaires paient proportionnellement moins que la caissière ou l'infirmier est une anomalie démocratique, et je tiens qu'il faut réparer l'injustice de la répartition devant l'impôt. La justice fiscale n'est pas une lubie de gauche : c'est une condition de la paix civile.

Mais une chose est de mieux répartir, une autre est d'ajouter. Et le programme Mélenchon ne répartit pas : il empile. Or la France est déjà l'un des pays les plus taxés du monde. On ne peut pas presser davantage un citron déjà sec. Augmenter encore la pression, c'est rendre fous ceux qui travaillent, c'est décourager l'effort, c'est dresser une France qui produit contre une France qu'on entretient. Voilà le poison le plus sournois : non pas la solidarité — qui est l'honneur de la République — mais le ressentiment organisé, le travailleur sommé de financer non plus une protection, mais une rancune. Quand on monte une moitié du pays contre l'autre, on ne fait pas de la politique. On allume une mèche.

L'outre-mer : défaire la conquête sociale de 1946

C'est sur ce terrain que la démagogie de Mélenchon m'est la plus insupportable, parce que je connais La Réunion, parce que je l'aime, et parce que je sais d'où elle vient. À Saint-Denis, le candidat a lancé à ses « camarades de La Réunion et des Antilles » qu'il n'y avait « aucun tabou à ce sujet de l'autonomie », promettant « le droit complet à l'autonomie quand et seulement quand les populations concernées la souhaitent ». À la Nouvelle-Calédonie, il a promis qu'elle « ira vers l'indépendance ». À la Corse, « l'autonomie étendue ».

Mesure-t-on l'ironie historique de ce discours dans la bouche d'un homme de gauche ? Car la départementalisation de 1946 ne fut pas une faveur octroyée par une métropole condescendante. Ce fut une conquête, arrachée par cinq parlementaires ultramarins progressistes — Monnerville en Guyane, Bissol et Césaire en Martinique, et pour La Réunion les deux députés communistes Léon de Lépervanche et Raymond Vergès, Aimé Césaire en étant le rapporteur. Ils ne réclamaient pas la séparation : ils réclamaient l'égalité. Césaire appelait ce texte une « loi d'égalisation ». Il fut voté à l'unanimité de l'Assemblée constituante. C'est-à-dire que les ancêtres politiques mêmes de Mélenchon ont passé leur vie à faire entrer La Réunion dans la République, et que lui propose aujourd'hui de rouvrir la porte de sortie.

Et au nom de quoi ? D'une « autodétermination » qui sonne bien dans un micro mais qui se fracasse sur les chiffres. Ces territoires vivent de la solidarité nationale. Je sais dans quel état était La Réunion avant 1946 : la misère, la sous-nutrition, l'absence d'école, de routes, d'hôpitaux. C'est la départementalisation qui a sorti l'île de cela. Promettre l'autonomie politique à des territoires dont l'économie repose sur les transferts de la nation, c'est promettre la liberté de couler. Ce n'est pas un cadeau qu'on leur fait. C'est un piège qu'on leur tend, paré des couleurs de la dignité.

L'arithmétique cruelle d'un calcul racialisé

Reste le cœur du dispositif, celui que Mélenchon n'avouera jamais, et qu'il déguise même en son contraire en accusant l'adversaire de « suprémacisme ». Sa campagne est bâtie sur la mobilisation d'un socle : les quartiers populaires, l'électorat issu de l'immigration, et singulièrement une partie de la jeunesse de culture musulmane. Il met en avant des figures comme Bally Bagayoko, devenu maire de Saint-Denis, dont le verbe assume une lecture du monde par le prisme des origines. Il fait de l'antiracisme non plus un universalisme — « ne juge pas un homme à sa couleur » — mais un communautarisme — « vote selon ta couleur ». La nuance paraît subtile. Elle est en réalité abyssale, et elle est la trahison de tout ce que la gauche républicaine a porté de plus grand.

Or ce calcul se heurte à un mur que nulle ferveur de meeting ne peut abattre : l'arithmétique. On estime à cinq ou six millions le nombre de musulmans en France. Quand bien même ils voteraient tous pour lui — ce qui n'arrivera évidemment pas, car cet électorat est divers, croyant ou non, conservateur ou progressiste, et ne se laisse pas réduire à un bloc —, cela ne suffirait jamais à gagner une présidentielle. On ne conquiert pas l'Élysée avec une fraction. Et pendant qu'il cimente ce socle minoritaire par un discours perçu, à tort ou à raison, comme une charge permanente contre la France, contre son histoire, contre ses symboles, il fait exactement le contraire de ce qu'il faudrait : il rétrécit.

Car cette petite musique anti-France, ce ressassement de la faute, cette manière de ne célébrer la nation que pour mieux l'accuser, finit par exaspérer la majorité silencieuse. Et cette majorité, où va-t-elle ? Les sondages de ce printemps 2026 ne laissent guère de doute : Jordan Bardella caracole autour de 32 ou 33 %, quand Mélenchon plafonne entre 13 et 16 %. Chaque outrance insoumise est un bulletin de vote offert au Rassemblement national. Mélenchon ne combat pas l'extrême droite. Il la nourrit. Il est son meilleur agent recruteur.

Quand la violence devient l'unique discours

Et ce ne sont pas que des mots, hélas. Car la rhétorique qui désigne, qui range les hommes en camps, qui fait de l'adversaire non plus un contradicteur mais un « fasciste » à empêcher physiquement, cette rhétorique-là descend tôt ou tard dans la rue. Nous le redoutions ; nous y sommes. La violence politique, celle que nous croyions reléguée aux livres d'histoire du siècle dernier, est revenue s'asseoir au milieu de nos réunions et de nos campus.

Je pense à Lyon, en février 2026, à la mort d'un jeune homme de vingt-trois ans, Quentin Deranque, militant d'extrême droite, tué à la suite d'une rixe survenue en marge d'une mobilisation contre la venue de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po. Onze personnes furent interpellées — je rappelle qu'elles sont présumées innocentes et que l'enquête n'a, à ce stade, confirmé aucune des versions extrêmes qui s'affrontent. Mais un fait demeure, têtu : parmi les personnes placées en garde à vue figuraient des collaborateurs parlementaires de Raphaël Arnault. Et qui est Raphaël Arnault ? Le fondateur de la Jeune Garde antifasciste, ce mouvement né à Lyon et dissous par le gouvernement en juin 2025 pour provocation à des actes violents — devenu, entre-temps, député de La France insoumise.

Qu'on me comprenne bien. Je n'accuse personne d'un crime que la justice n'a pas jugé. Et je n'ignore pas que la violence n'est jamais à sens unique : l'extrême droite a ses propres nervis, ses groupuscules dissous, ses néonazis dont l'un, proche de la victime, officiait comme assistant d'une députée du Rassemblement national. C'est bien là tout le drame : les deux extrêmes se nourrissent l'un l'autre, et chacun justifie sa propre violence par celle de l'en-face. Mais un parti qui aspire à gouverner la France n'a rien à faire dans ce manège. On ne fait pas entrer un fondateur de milice à l'Assemblée nationale sans envoyer au pays tout entier un signal : la rue, désormais, est un prolongement légitime du débat. Et lorsqu'on a légitimé le poing, on n'est plus très loin de récolter le cercueil.

Le plus pur fruit de l'élite qu'il prétend renverser

Pour mesurer l'ampleur du retournement qui le menace, il faut regarder d'où vient cet homme. Car le tribun des quartiers, le porte-voix de la France périphérique et racialisée, est en réalité le produit le plus accompli de cette élite républicaine qu'il feint de combattre. Jean-Luc Mélenchon est né à Tanger en 1951, de deux parents pieds-noirs d'Algérie, d'origine espagnole — un père receveur des postes, une mère institutrice qui lui donna une éducation catholique. Mais c'est dans le Jura qu'il a grandi, à Lons-le-Saunier, où sa mère fut mutée, et c'est là, au lycée Rouget-de-Lisle, qu'il fut un brillant élève de lettres et l'un des meneurs lycéens de Mai 68. Mesure-t-on l'ironie ? L'homme qu'on accuse aujourd'hui de tenir un discours contre la France a fait ses classes dans l'établissement qui porte le nom de l'enfant le plus illustre de la ville, Claude Joseph Rouget de Lisle, né à Lons-le-Saunier en 1760 — l'auteur de La Marseillaise. Il a grandi dans la République jusqu'à la moelle : professeur de lettres formé à la philosophie, sénateur, ministre de Lionel Jospin, mitterrandien de la première heure avant de jouer les insurgés. Et il fut, des années durant, franc-maçon : initié dans les années 1980 à la loge Roger Leray du Grand Orient de France, rue Cadet, le cœur battant de l'universalisme laïque et républicain — une appartenance qu'il a longtemps esquivée d'un « ça ne vous regarde pas », et dont il aurait depuis démissionné.

Voilà l'ultime paradoxe, et le plus accablant. Cet homme est tout entier façonné par la matrice de l'universel : la laïcité, l'égalité abstraite des citoyens, le refus de réduire un être à son origine ou à sa croyance. C'est exactement ce que le Grand Orient enseigne. C'est exactement ce que la départementalisation de 1946 a accompli outre-mer. Et c'est exactement ce que Mélenchon piétine aujourd'hui, lui qui a troqué l'universalisme de sa formation contre le communautarisme de sa stratégie. Il ne s'est pas converti par conviction. Il s'est renié par calcul. Et un homme qui renie ce qui l'a fait n'inspire, à la fin, ni aux siens ni aux autres, le respect qui protège.

« Le roi est nu »

Il y a, dans le conte d'Andersen, une vérité que Mélenchon ferait bien de relire. Deux fripons persuadent l'empereur qu'ils lui tissent une étoffe si fine que seuls les imbéciles ne la voient pas. La cour s'extasie, terrorisée à l'idée de passer pour sotte ; le souverain lui-même, qui ne voit rien, n'ose l'avouer ; et le voilà qui parade, magnifique dans sa nudité, sous les acclamations d'un peuple complice de sa propre cécité. Il faut la voix d'un enfant — « mais il n'a rien sur lui ! » — pour que le charme se rompe et que la foule, d'un coup, comprenne qu'elle a été flouée. C'est exactement le piège qui se referme. À force de s'entendre dire par ses courtisans et par sa foule qu'il est le plus beau, le plus pur, le seul recours, Mélenchon a fini par croire à l'étoffe invisible de sa propre grandeur. Mais l'enfant qui crie la vérité, dans une démocratie, porte un nom : c'est le verdict des urnes. Et le jour où ce verdict tombera, il apparaîtra nu devant ceux qu'il aura tant flattés — et ils découvriront, ensemble et trop tard, qu'on les avait bernés.

Le bouc émissaire : ce que Mélenchon doit retenir de René Girard

C'est ici que la pensée de René Girard éclaire la suite comme un projecteur. Girard a montré qu'une communauté traversée par une crise — la déception, la rivalité, la violence qui monte et ne trouve pas d'issue — se sauve presque toujours de la même manière : en concentrant toute sa rancœur sur une victime unique, qu'elle désigne, qu'elle expulse, et dont le sacrifice rétablit pour un temps la paix. Le bouc émissaire n'est jamais choisi au hasard. Il porte une marque, un signe de différence qui le rend désignable : l'étranger, le boiteux, le riche, le converti, celui qui n'est pas tout à fait des nôtres. Et le groupe, dans son aveuglement, croit sincèrement que la faute est en lui.

Imaginons donc la suite, qui me paraît hélas la plus probable. Mélenchon n'est pas élu — et avec un programme aussi radical, aussi clivant, aussi perçu comme une charge contre la France, il ne peut l'être. La majorité bascule, la France porte au pouvoir Bardella ou Le Pen, et l'immense désir que l'Insoumis aura soulevé dans cette jeunesse à qui il aura promis le grand soir se mue en rage. La déception des espérances démesurées ne produit jamais la résignation : elle produit l'émeute. Et lorsque viendront les violences, la gauche meurtrie cherchera un coupable à sa propre défaite. Elle le trouvera. Ce sera lui.

Lui que ses propres troupes désigneront alors selon la grammaire qu'il leur aura lui-même enseignée. Car il aura passé des années à apprendre aux siens à juger les hommes selon leur couleur, leur origine, leur appartenance — et cette grammaire, le moment venu, se retournera contre son auteur avec une précision implacable. On ne dira plus : le tribun. On dira : le vieil homme blanc, le fils de pieds-noirs, l'héritier d'une famille dont une récente enquête de presse conteste qu'elle fût aussi étrangère qu'il le prétend à l'aventure coloniale, le franc-maçon, le sénateur, le pur produit de l'élite blanche et républicaine qui aura conduit les forces prétendument du progrès droit dans le mur. Voilà la marque. Voilà le signe. Voilà ce qui, dans la logique girardienne, fait de lui le bouc émissaire idéal : il est suffisamment des leurs pour avoir été suivi, et suffisamment différent pour être chassé.

Le retournement sera total, et d'une cruauté parfaite. Celui qui aura racialisé le débat sera jugé à l'aune de sa propre race. Celui qui aura armé le ressentiment en sera la première cible. À plus de soixante-dix ans, persuadé de n'avoir plus rien à perdre et tout à gagner dans une dernière course à l'Élysée, il aura tout misé — et il aura tout fait perdre : à lui d'abord, mais surtout à ceux qu'il aura enflammés, puis abandonnés à leur frustration. C'est la définition même de la trahison démagogique : promettre la délivrance et ne livrer qu'un coupable, soi-même, jeté en pâture pour que la communauté trompée puisse continuer à s'aimer.

L'arroseur arrosé

Voilà le dangereux piège de la démagogie. Elle ne se contente pas de mentir : elle arme la déception. Elle ne divise pas seulement le pays : elle prépare ceux qu'elle abuse à se retourner contre elle. C'est une vieille loi de l'histoire, et Mélenchon, qui a lu Girard, qui connaît la mécanique du sacrifice et qui se croit assez habile pour la manœuvrer, croit pouvoir y échapper. Il se trompe. On n'invoque pas les passions sans qu'un jour elles vous réclament leur dû.

Il reste, je le sais, un an avant l'échéance, et les sondages d'aujourd'hui ne sont pas le verdict de demain. Mais la pente est tracée. Et si je devais résumer mon inquiétude en une phrase, ce serait celle-ci : à force de vouloir épouser la colère de la France pour la séduire, Jean-Luc Mélenchon est en train de la jeter dans les bras de ceux qu'il dit combattre — et de se préparer à lui-même le rôle du coupable, désigné le moment venu comme l'unique responsable d'un incendie qu'il aura passé sa vie à allumer.

DiBu