Il y a un paradoxe au cœur de l'histoire politique réunionnaise du XIXe et du début du XXe siècle, et c'est par lui qu'il faut commencer. La liberté arrive d'abord ; la citoyenneté, elle, mettra près d'un siècle à la rejoindre. Le 20 décembre 1848, soixante mille personnes cessent d'être des biens meubles pour devenir des hommes et des femmes. Le 19 mars 1946, leurs petits-enfants cessent d'être des sujets d'une colonie pour devenir des citoyens d'un département. Entre ces deux dates, l'île vit une singulière maladie chronique : une démocratie sans démos, un suffrage que l'on dit universel mais qui demeure confisqué, des urnes que l'on garnit avant le vote. Comprendre la vie politique de la colonie, c'est suivre cette lente et tumultueuse remontée vers l'égalité réelle.
1848 : la liberté avant la citoyenneté
Tout part d'un homme et d'une phrase. Joseph Napoléon Sarda, dit Sarda Garriga, receveur des finances aux convictions républicaines affirmées, est nommé commissaire général de la République par Victor Schœlcher pour appliquer le décret du 27 avril 1848. Débarqué à Saint-Denis le 13 octobre, il refuse le sursis que réclament les planteurs jusqu'à la fin de la campagne sucrière, promulgue le décret et fixe son application au 20 décembre. Ce jour-là, il s'adresse aux nouveaux affranchis par ces mots restés célèbres : « les décrets de la République française sont exécutés : vous êtes libres ». Plus de soixante mille esclaves, sur une population d'environ cent huit mille âmes, accèdent ainsi à la liberté, et sans effusion de sang.
Mais l'émancipation n'est pas l'émancipation économique. Les grands propriétaires — ce que l'on appelle ici les « colons », au sens qu'il faudra préciser plus bas — compensent aussitôt la « fuite » de la main-d'œuvre par l'engagisme, ce travail sous contrat venu d'Inde, de Chine, d'Afrique et de Madagascar. Le système n'est d'ailleurs pas une invention de l'après-1848 : dès 1828, bien avant l'abolition, les premiers « engagés du sucre » télingas avaient été débarqués aux côtés des esclaves. À La Réunion, on estime à environ deux cent mille le nombre d'engagés introduits au fil du siècle. La liberté de 1848 inaugure donc une société nouvelle, mais une société toujours organisée autour de la canne, du sucre et d'une hiérarchie raciale et sociale que l'égalité juridique ne suffit pas à dissoudre. La République a aboli l'esclavage ; elle n'a pas aboli la plantation.
Un mot qui trompe : qu'est-ce qu'un « colon » à Bourbon ?
Il faut ici s'arrêter sur un mot qui empoisonne toute lecture de l'histoire réunionnaise, parce qu'il charrie sur l'île un sens très différent de celui qu'on lui prête en métropole. À La Réunion, le « colon » n'est presque jamais le Français fraîchement débarqué pour administrer ou exploiter une terre déjà peuplée. Et pour cause : lorsque les Européens l'abordent, l'île est l'un des rares espaces du globe à n'avoir jamais été habités. Il n'y avait ni peuple autochtone, ni civilisation préexistante à soumettre. Au sens strict, il n'y eut donc pas tant colonisation d'un territoire occupé que peuplement d'une terre vide par des pionniers — même si la société qui s'y édifie ensuite, avec l'esclavage et la plantation, est bien, elle, pleinement coloniale. Tenir ensemble ces deux vérités sans en sacrifier aucune, voilà l'exercice.
Dans son premier sens, donc, le colon de Bourbon, c'est l'aïeul. Le peuplement permanent commence avec le débarquement de Louis Payen dans la baie de Saint-Paul en novembre 1663, accompagné d'un autre Européen et de dix Malgaches, puis surtout en 1665 avec l'arrivée des premiers colons français conduits par Étienne Regnault. Ces familles fondatrices — auxquelles se rattachent les patronymes les plus répandus de l'île aujourd'hui : Payet, Hoarau, Grondin, Rivière, Nativel, Cadet, Maillot... — sont les ancêtres directs des Créoles réunionnais, leurs grands-parents et arrière-grands-parents par-delà les générations. Le colon, dans cette acception première, n'est pas un envahisseur venu d'ailleurs : c'est la souche même de la population créole.
Le mot prend ensuite un deuxième sens, celui qui domine le récit politique de l'époque coloniale : le « colon » désigne alors le grand propriétaire terrien, le maître d'esclaves devenu employeur d'engagés, membre de l'oligarchie sucrière des Grands Blancs et des « gros possédants ». C'est en ce sens qu'il faut entendre les « colons » qui réclamaient à Sarda Garriga un sursis à l'abolition, ou qui pèsent de tout leur poids sur les élections : non pas le peuple créole, mais une étroite caste foncière.
Il existe enfin un troisième sens, à l'exact opposé social du deuxième, et qu'on oublie trop souvent : le « colon partiaire ». Celui-là n'est pas un maître mais un métayer pauvre, le plus souvent un ancien engagé ayant achevé ses cinq ans de contrat, ou un « petit-blanc » prolétarisé réfugié dans les Hauts. N'ayant pas les moyens d'acheter la terre, il passait avec un propriétaire un contrat de colonage partiaire — l'équivalent du métayage — pour cultiver une parcelle, souvent de médiocre qualité. En échange, il cédait au propriétaire une part de la récolte : le tiers le plus souvent, le quart à partir des années 1970, la loi du 18 juillet 1889 fixant à un tiers le maximum que pouvait prélever le bailleur. Mais dans les faits, à l'apogée du système à la fin du XIXe siècle, les abus étaient tels que certains petits colons ne touchaient guère plus de 40 % de la valeur de leur récolte, au point que des procès du début du XXe siècle dénoncèrent un véritable « néo-esclavagisme ». Le propriétaire imposait jusqu'au choix des cultures. Ce système d'une autre époque s'est révélé d'une étonnante longévité : en 1938, près de la moitié de la récolte des grands domaines sucriers en provenait encore, et il n'a été légalement aboli qu'en 2010.
Un même mot, donc, pour trois réalités que tout oppose : l'aïeul fondateur, le maître sucrier et le métayer exploité. Quand les sources de l'époque parlent des « colons » qui font et défont les élections, c'est toujours du deuxième qu'il s'agit — la caste des planteurs. C'est ce sens que nous retiendrons désormais, en gardant à l'esprit qu'il ne recouvre qu'une mince fraction de la société réunionnaise.
Le verrou impérial : gouverner une île par décret
À peine la liberté proclamée, le régime politique se referme. Le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, puis le Second Empire, suspendent les espérances républicaines. Le sénatus-consulte du 3 mai 1854 fixe pour des décennies le statut constitutionnel de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion — la Guyane étant traitée à part. Le texte rétablit un Conseil général de vingt-quatre membres, dont la moitié est nommée par le gouverneur et l'autre par les conseils municipaux : une assemblée à demi désignée, sans véritable légitimité élective. Surtout, il consacre le régime du décret : tout ce qui touche à l'exercice des droits politiques, à l'état civil, à la propriété, à la justice criminelle ne peut être modifié que par Paris. Un sénateur, Gaston d'Audiffret, avait pourtant proposé dès le débat de transformer les vieilles colonies en départements ; sa proposition est écartée. L'assimilation devra attendre presque un siècle.
Cette tutelle institutionnelle dessine le cadre dans lequel s'enferme toute la vie politique locale : une colonie gouvernée de loin, un gouverneur tout-puissant qui organise les élections, et une oligarchie de planteurs et de négociants — les « gros possédants » — qui tient l'économie comme la représentation. Quand le suffrage s'élargit, il reste encadré, surveillé, et le plus souvent faussé.
L'ère de Mahy : la République des notables (1870-1906)
La chute de l'Empire en 1870 rouvre le jeu. La colonie obtient deux sièges de député, et c'est là qu'entre en scène la figure qui domine la fin du XIXe siècle : François Césaire de Mahy. Né à Saint-Pierre en 1830 dans une grande famille de notables — son père y fut maire, et il est par sa mère apparenté aux puissants Le Coat de Kervéguen —, ce médecin formé à Paris devient journaliste au Courrier de Saint-Pierre, dont il prend la direction politique en affichant des opinions résolument républicaines. Élu dès novembre 1870 avec son ami Alexandre Robinet de La Serve, il développe avec lui un projet de réforme coloniale visant l'assimilation législative de l'île à la métropole.
De Mahy incarne le réflexe assimilationniste de toute une élite : la solution aux problèmes de l'île se trouve à l'extérieur, à Paris, dans l'intégration toujours plus étroite à la nation. Inscrit à la gauche républicaine, il est en mai 1877 l'un des 363 députés qui s'opposent au gouvernement réactionnaire de Broglie. Anticlérical convaincu, il devient ministre de l'Agriculture sous Freycinet en 1882, puis assure l'intérim de la Marine et des Colonies. Réélu sans interruption jusqu'à sa mort survenue en plein mandat en 1906, il aura siégé trente-six ans. Ardent partisan de l'expansion coloniale française, notamment à Madagascar, il représente le type même du parlementaire réunionnais de premier plan sous la IIIe République — celui qui rayonne à Paris mais ne réside guère dans une circonscription dont il fut « étranger » cinq années durant. La République s'installe donc à La Réunion, mais c'est d'abord la République des notables, où l'on est médecin, journaliste et propriétaire avant d'être élu.
Gasparin et Brunet : la « solidarité créole » et la fabrique du vote (1906-1940)
Au tournant du siècle émerge une figure d'un autre genre. Lucien Gasparin, né à Saint-Denis en 1868, est fils de descendants d'esclaves affranchis — fait remarquable pour un homme qui sera député de 1906 à 1942. Entré jeune dans l'administration coloniale, avocat formé à l'École coloniale et au droit, il s'impose comme un tribun populaire. En 1924, allié à Auguste Brunet, né à Saint-Benoît, il porte une liste « d'union républicaine et de solidarité créole » qui exalte « l'honneur créole » et les « traditions d'indépendance » de l'île, face à une liste soutenue par l'administration et menée par un métropolitain. Sa victoire est saluée par certains comme une libération du « petit pays » contre la pression officielle.
Le mot est important, car il révèle la maladie endémique du système : l'élection coloniale est rarement libre. La bourgeoisie locale et l'administration usent massivement de la fraude pour conserver le pouvoir, au point qu'il est de plus en plus question, à Paris, de retirer purement et simplement le droit de vote à la colonie. C'est d'ailleurs l'un des moteurs paradoxaux du combat assimilationniste : si les politiques réclament dès 1928 que l'île devienne un département, c'est aussi pour préserver le suffrage universel menacé. En 1932, Brunet écrase ses adversaires — « la machine électorale a fonctionné comme à l'accoutumée », note-t-on alors ; en 1936, lors des dernières législatives de la IIIe République, il l'emporte avec 98,9 % des votants. Mais derrière ces scores d'apparence soviétique se cache une réalité plus brutale, sur laquelle il faudra revenir : le sang.
Le tandem Gasparin-Brunet est radical, puis « indépendant de gauche » après son exclusion du Parti radical, et se présente toujours comme le défenseur du « Pays », de cette « petite Patrie ». Mais le réalisme commande de ne pas idéaliser ces hommes. Gasparin, lié au sulfureux « comité Mascuraud », pompe à finances des candidats républicains, fut aussi un politicien affairiste mêlé à de troubles affaires de plantations coloniales au Togo dans les années 1920. Surtout, le 10 juillet 1940, Gasparin comme Brunet votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. La « solidarité créole » s'achève dans la capitulation : la fin d'un monde politique.
Du Léopard au 19 mars 1946 : la naissance d'une politique populaire
La rupture vient de la guerre. Le 28 novembre 1942, le contre-torpilleur Léopard des Forces françaises libres rallie l'île, met fin au gouverneur pétainiste Aubert et installe le gouverneur Capagorry. La Réunion sort exsangue de la guerre : colonie « à l'abandon », étouffant sous son sucre invendable mais au bord de la famine, avec une population trop nombreuse et mal nourrie. C'est sur ce terreau de misère que naît une politique enfin populaire.
Le 11 mars 1945, le docteur Raymond Vergès, directeur du service de santé, ligueur des droits de l'homme et franc-maçon, fonde avec Léon de Lepervanche le Comité républicain d'action démocratique et sociale (CRADS). De Lepervanche, cheminot du Port, syndicaliste révoqué après les grèves de 1938, traduit sous Vichy devant un tribunal d'exception, incarne le militant ouvrier ; Vergès, le notable rallié au peuple. Le CRADS se révèle une formidable machine électorale : triomphe dans douze communes sur vingt-trois aux municipales de mai 1945 — Vergès devient maire de Saint-Denis —, puis vingt-trois sièges sur trente-six au Conseil général en octobre.
Le 21 octobre 1945, Vergès et de Lepervanche sont élus députés à l'Assemblée constituante. Leur premier geste : adhérer au groupe communiste. Avec les élus antillais et guyanais — Aimé Césaire, Léopold Bissol, Paul Valentino, Gaston Monnerville —, ils déposent et défendent la proposition qui aboutit, le 19 mars 1946, à la loi votée à l'unanimité érigeant les « quatre vieilles colonies » en départements. « Honneur annoncer Réunion département français », télégraphie de Lepervanche le 14 mars. À la tribune, Raymond Vergès justifie l'assimilation immédiate par l'absence, selon lui, de tout problème « linguistique, culturel ou national ». Le mouvement né dans les loges maçonniques et la Ligue des droits de l'homme aboutit ainsi par la gauche communiste — preuve que l'assimilationnisme réunionnais ne fut jamais une idéologie de droite, mais le langage commun d'un siècle de combats pour l'égalité.
La République à l'ombre des revolvers : un siècle de violence
On aurait tort de croire que cette marche vers l'égalité fut paisible. La vie politique réunionnaise, de l'abolition à la départementalisation, baigne au contraire dans une violence permanente — d'abord sourde et structurelle, puis ouvertement sanglante. La première de ces violences est celle de la fraude elle-même : truquer un scrutin, c'est déjà confisquer la parole d'un peuple. Dès le XIXe siècle, la « machine » administrative pèse sur les urnes, interdit les réunions des opposants, fabrique des majorités. Mais à mesure que le suffrage devient un enjeu de masse, la fraude se double d'une violence physique qui culmine dans la première moitié du XXe siècle.
L'épisode le plus révélateur précède de dix ans le drame final. Lors des législatives de 1936, dans la circonscription qui oppose Lucien Gasparin à l'usinier René Payet, un jeune notable de vingt-neuf ans préside l'un des bureaux de vote de Saint-Benoît : Alexis de Villeneuve. Selon l'historien réunionnais Eugène Rousse, il aurait ce jour-là fait ouvrir le feu par son service d'ordre sur des partisans de Payet, faisant deux morts et plusieurs blessés graves. La violence électorale n'était donc pas l'apanage d'un camp : elle servait d'abord ceux qui tenaient le pouvoir local, les notables et leurs hommes de main. Que l'auteur présumé de cette tuerie soit lui-même devenu, dix ans plus tard, la victime la plus célèbre de la violence politique réunionnaise est l'une de ces ironies tragiques dont l'histoire a le secret.
Car le paradoxe est saisissant : c'est au moment même où l'île accède à l'égalité républicaine que la violence atteint son paroxysme. La loi de départementalisation est votée le 19 mars 1946 ; mais les élections législatives de mai-juin 1946, destinées à renouveler l'Assemblée constituante, se déroulent dans un climat de guerre civile larvée. Alexis de Villeneuve, devenu maire et conseiller général de Saint-Benoît et chef de file du Mouvement républicain populaire (gaulliste), affronte le sortant Raymond Vergès, qui ne l'avait emporté que de quatre cents voix en octobre 1945. La tension est telle que, le 24 mai, Marcel Vauthier, allié de De Villeneuve, échappe à un attentat — l'arme de son agresseur s'enraye. Le gouverneur Capagorry convoque les candidats le 25 mai au matin pour les amener à s'engager à ne plus troubler les réunions adverses.
L'engagement ne tiendra pas l'après-midi. Le 25 mai 1946, vers seize heures trente, sur la place de la cathédrale de Saint-Denis, le meeting de De Villeneuve est pris d'assaut par une contre-manifestation menée par Paul Vergès — fils de Raymond —, Roger Bourdageau et Émile Quessoy. Dans l'échauffourée, Alexis de Villeneuve est atteint d'une balle en pleine poitrine. Il meurt sur place, à quarante ans tout juste. La nouvelle dépasse l'île : le 30 mai, le journaliste Albert Ollivier titre à la une de Combat « Les élections à l'ombre des revolvers », tant le climat de violence touche alors toute la France de l'après-guerre.
L'affaire reste, aujourd'hui encore, une véritable énigme judiciaire et politique. Paul Vergès est accusé du meurtre — les douilles retrouvées correspondaient à une arme enregistrée au nom de son père —, jugé par la cour d'assises du Rhône, à Lyon, et condamné à cinq ans de prison avec sursis pour coup mortel sans préméditation, le crime ayant été disqualifié. Le conseil municipal de Raymond Vergès est dissous. Mais Paul Vergès niera toute implication sa vie durant, soixante-dix ans de carrière politique durant, et certains attribuèrent même les tirs à son frère Jacques. Assassinat politique commandité, bavure dans une rixe, hasard tragique d'une foule armée : la vérité ne sera jamais établie avec certitude. Ce qui demeure, c'est le symbole — une île qui naît à la citoyenneté dans le fracas des armes, et un mort qui hante encore sa mémoire collective. La départementalisation, promesse d'égalité, fut aussi baptisée dans le sang.
Pour conclure
L'histoire politique de La Réunion entre 1848 et 1946 ne se laisse pas réduire à un schéma simple. Elle tient ensemble, dans une tension féconde, deux vérités que l'on voudrait souvent opposer. D'un côté, une colonie verrouillée par le décret, gangrenée par la fraude, ensanglantée par ses scrutins, dominée par les planteurs et leurs relais : la face sombre. De l'autre, une marche obstinée vers l'égalité républicaine, de Sarda Garriga à Raymond Vergès, en passant par l'assimilationnisme de De Mahy et la « solidarité créole » de Gasparin : la face lumineuse. Le 19 mars 1946 n'efface pas un siècle de tutelle ; il en est l'aboutissement et, déjà, le dépassement.
Car la départementalisation porte en germe la déception qui suivra : les droits sociaux mettront des années à venir, la pauvreté demeurera, et dès les années 1950 la critique du « néo-colonialisme » et la revendication d'autonomie naîtront — portées, ironie de l'histoire, par le fils même de Raymond Vergès. Mais c'est là une autre histoire. Pour le siècle qui nous occupe, retenons l'essentiel : il aura fallu cent ans à la République pour venir sur cette île, la promesse de 1848. La liberté avait précédé la citoyenneté ; il fallut un siècle pour les réconcilier.
Sources principales
- Abolition de l'esclavage à La Réunion, portail « Société de plantation, histoire et mémoires de l'esclavage » et services de l'État à La Réunion (proclamation de Sarda Garriga, 20 décembre 1848).
- « L'engagisme à La Réunion », même portail (chiffres et chronologie de l'engagisme).
- Sénatus-consulte du 3 mai 1854 (Wikisource, Wikipédia) ; notice du Conseil départemental de La Réunion.
- Daniel Varga, « François Césaire de Mahy, un parlementaire réunionnais de premier plan sous la IIIe République », Revue historique de l'océan Indien / HAL Université de La Réunion ; base de données des députés de l'Assemblée nationale (notice de Mahy).
- Notices Wikipédia et fiches parlementaires de Lucien Gasparin et Auguste Brunet ; dossiers « Législatives 1924, 1928, 1932, 1936 à La Réunion » (mi-aime-a-ou.com, ville de Saint-Joseph) ; Témoignages.re, « Une affaire coloniale des années 20 ».
- Ligue des droits de l'homme, « La Réunion, un combat pour la départementalisation » ; Témoignages.re, « Retour sur la fondation du Parti communiste réunionnais » ; notices de Raymond Vergès et Léon de Lepervanche (Outremer Memory, Geneanet, Mémoires de Guerre).
- Sur la violence politique et l'assassinat d'Alexis de Villeneuve (25 mai 1946) : Eugène Rousse, Qui a tué Alexis de Villeneuve ?, Les Deux Mondes, 2000 ; article « Mort d'Alexis de Villeneuve » (Wikipédia) ; « L'énigme biographique : le cas de l'assassinat d'Alexis de Villeneuve dans la presse réunionnaise » (HAL Université de La Réunion) ; Témoignages.re, « Fraude électorale et tueries avec De Villeneuve » (tueries de Saint-Benoît, 1936) ; Presses universitaires du Septentrion, Michel Debré et l'île de La Réunion (contexte et postérité de l'affaire).
- France.tv / La 1ère, dossiers sur les 80 ans de la départementalisation et la libération de l'île par le Léopard (1942).
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