Mon dernier film sur le château du Gol à La Réunion. j'ai enfin pu le situer grâce à Sully Fontaine et le mettre dans le bon sens c'est-à-dire face a la montagne et le dos à la mer. J'ai respecté la taille. Nous sommes au XVIIIe siècle. Derrière ces images apaisantes il ne faut pas oublier qu'il y avait l'esclavage.
Il fut édifié en 1747 à la demande d’Antoine-Marie Desforges-Boucher — fils de Jacques Desforges-Boucher — ingénieur de la Compagnie des Indes, ingénieur militaire puis gouverneur de Bourbon. C’était la maison de maître de l’immense habitation du Gol, alors principalement consacrée au café avant son développement sucrier. Jean-François Placide Fortuné Chabrier, dit Chabrier du Gol, acquiert progressivement les différentes parties du domaine entre les années 1820 et 1840 et reconstitue l’immense habitation autrefois constituée par les Desforges-Boucher. En 1834, il achète notamment l’habitation du Château du Gol et devient, à la veille de l’abolition, l’un des plus puissants propriétaires de l’île, à la tête de plusieurs sucreries et de centaines de personnes réduites en esclavage. Lorsque l’esclavage est aboli à La Réunion le 20 décembre 1848, les anciens captifs ne reçoivent aucune réparation : ce sont les propriétaires qui sont indemnisés par l’État pour la perte de ce que la législation considérait jusque-là comme leur « capital ». Chabrier reçoit ainsi en 1849 environ 376 791 francs, soit, selon une estimation fondée sur un coefficient de conversion de 130, près de 49 millions d’euros actuels. Il ne faut toutefois pas présenter son départ comme une fuite soudaine : il séjournait déjà régulièrement en métropole, notamment à Paris, où il possédait des appartements et fréquentait la société mondaine. Il meurt en 1851, deux ans seulement après avoir perçu cette indemnité, tandis que le domaine reste entre les mains de ses héritiers. De moins en moins habité par ses propriétaires, le château perd progressivement sa fonction de résidence principale, est délaissé au cours de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, puis finit par disparaître. Le contraste est saisissant : au moment où des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sortent de l’esclavage sans terres, sans patrimoine et sans indemnisation, la fortune de leur ancien propriétaire est consolidée par près de 49 millions d’euros d’argent public, avant que la demeure somptueuse qui symbolisait cet ordre colonial ne soit abandonnée.
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